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Sabena Technics Toulouse : un premier coup de semonce contre le patron

14 octobre 2022 Article Entreprises

Sabena Technics, à Cornebarrieu près de Blagnac, est une usine de peinture d’avions. C’est un sous-traitant d’Airbus (qui lui fournit directement l’ensemble des produits nécessaires pour chaque avion !). Cette usine d’aujourd’hui 150 personnes a ouvert ses portes en 2015, avec des bâtiments et du matériel flambant neuf…

Du jeudi 6 au lundi 10 octobre la première grève dans cet établissement a été suivie par la quasi-totalité du personnel en dehors des cadres dirigeants.

Le ras-le-bol couvait depuis des mois :

  • les salaires sont très bas (par exemple 1140 euros net) et n’ont été augmentés que de 50 euros en six ans ; ils sont bien en dessous de ceux de Satys et d’Airbus situés à proximité ;
  • les conditions de travail se détériorent (la maintenance laisse à désirer et les nouveaux horaires « testés » par le patron ne plaisent à personne).

Le turn-over est tellement important que seulement 30 % des peintres ont la qualification aéronautique, les autres étant en formation pour le CQPM (certificat de qualification professionnelle). Ce ras-le-bol n’était sans doute pas étranger au bon score réalisé par le tout nouveau syndicat CGT il y a deux mois (35 % au premier collège). Alors que la boite tourne à fond, que Sabena Technics a récemment racheté des entreprises, que l’inflation rend les fins de mois de plus en plus difficiles pour la majorité du personnel, le patron a osé proposer une « prime Macron » de seulement 500 euros.

Du coup FO et CGT ont appelé à la grève. Les revendications avancées par l’intersyndicale portaient sur une prime Macron portée à 1500 euros, des indemnités kilométriques à la hauteur des autres sites de Sabena Technics et une prime de décapage (pour les avions, assez rares, qui nécessitent cette opération), les revalorisations salariales étant repoussées aux prochaines NAO…

Pour la majorité des grévistes, cette grève était leur première grève et si les idées ont été nombreuses pour décorer l’entrée de l’entreprise et faire vivre le piquet de grève, l’absence d’assemblée générale a pesé, face à un patron qui prétendait ne pas avoir les moyens d’aller au-delà de 500 euros pour la prime Macron. Finalement, dans l’amertume, la grève s’est arrêtée lundi, sur l’obtention d’une indemnité kilométrique de 85 euros brut pour tous, d’une indemnité de décapage très aléatoire pour certains et sur l’avancée des NAO à novembre. La majorité des grévistes ne voyait pas comment faire plier un patron qui osait leur dire que la menace de départ du personnel qualifié ne lui faisait pas peur… Et vu la faiblesse des salaires beaucoup ne se voyaient pas perdre plus de jours de salaire.

Cette première manche de la lutte n’a pas été gagnée, mais ces jours de grève ont permis de développer la solidarité entre travailleurs des différentes équipes et des bureaux, ce qui est le meilleur gage pour les prochaines manches.

Correspondant

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